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iD Citoyennes : valoriser les métiers manuels auprès des jeunes avec « l’outil en main »

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La Ville de Grand-Champ a mis en place une plateforme de boîte à idées numérique en 2016. Parmi les projets soumis à la Ville et dorénavant mis en oeuvre, figure “l’outil en main du Loc’h”. Nous avons échangé avec le président de l’association pour en savoir plus sur cette initiative citoyenne.

La boîte à idées de Grand-Champ

Tristan Gesret est chargé de la mise en place des projets déposés sur la boîte à idées pour la Ville de Grand-Champ. Après la validation politique de l’idée, c’est lui qui a coordonné les différents acteurs jusqu’à la concrétisation du projet sous forme d’association. Une fois son travail réalisé, il a décidé de rester lié à l’association : “le projet m’a plu et j’ai décidé de continuer après bénévolement pour l’association”.

Une association intergénérationnelle

L’objectif de l’association “L’outil en main du Loc’h” est de “faire connaître et redorer l’image des métiers manuels et du patrimoine auprès des enfants”. L’association accueille tous les mercredi des jeunes de 9 à 14 ans pour les initier aux métiers manuels aux côtés d’artisans. Les enfants peuvent s’initier à de nombreux métiers différents : “on propose 17 métiers. maçonnerie, cuisine, plomberie, bijouterie, poterie…”. L’association souhaite garantir “une relation privilégiée entre l’enfant et l’artisan”. Pour cela, le ratio est de deux jeunes maximum par artisan lors des activités. L’association compte aujourd’hui une trentaine de bénévoles, dont 23 gens de métier. Des artisans qui aiment leur métier et qui aiment surtout transmettre leur savoir-faire.

Pour donner vie à cette association, Tristan gesret a “organisé des réunions publiques de présentation du projet, fédéré un noyau dur d’artisans bénévoles, cherché des financements” et visité l’outil en main du Pornichet pour profiter de leur expérience. La Ville de Grand-Champ a également mis à disposition de l’association un local de 400 m2. Le projet a vu le jour en 9 mois seulement.

Des effets sur l’orientation des jeunes

L’association est victime de son succès car elle ne possède pas suffisamment de bénévoles pour répondre à la demande. Pour cause, les outils en main créent des vocations : “l’association nationale des outils en main indique que 40% des jeunes qui ont participé à des activités de l’association s’orientent ensuite vers des filières manuelles”. Les centres de formation d’apprentis l’ont bien compris et l’outil en main du Loc’h a lié un partenariat avec le centre de formation d’apprentis de Vannes pour “permettre aux enfants de découvrir les possibilités d’orientation qu’ils ont après le collège”.

De nouveaux projets

Désormais, le but de l’association est de mettre “le projet sur les bons rails” avant de se tenirprêt à ouvrir à un plus large public” : adultes et établissements spécialisés par exemple. Un autre objectif est de “développer les outils en main sur Vannes agglomération”. En à peine un an, la contribution déposée par une citoyenne sur la plateforme de la boîte à idées numérique de Grand-Champ a pris de l’ampleur. Une réussite qui va bientôt être suivie par la concrétisation de nouveaux projets !

En savoir plus sur “L’outil en main du Loc’h”.

 

Interview de Guillaume Bégué, maire de Liffré

Rencontre avec Guillaume Bégué, maire de Liffré à-propos  de la plateforme de concertation numérique.

La ville de Liffré (7500 habitants, située dans l’Ille-et-Vilaine) commence à avoir recours à la concertation numérique en complément des dispositifs physiques existants. Entretien réalisé au mois de mars 2018.

Quels sont les dispositifs physiques en place dans votre ville favorisant le dialogue avec les citoyens ?

La ville de Liffré est particulièrement attentive au fait d’être à l’écoute de ses habitants. Divers dispositifs ont été mis en place pour répondre à cette exigence : temps de rencontre avec les élus (sur rendez-vous ou lors de réunions diverses), réunions de concertation, réunions publiques d’information, rencontres lors du bilan des actions menées, commissions extra-municipales, comités consultatifs (CCAS, budget) ou encore via les comités de pilotage de projets tels que le Plan local d’urbanisme (PLU).

Quels sont pour vous les avantages de ces dispositifs ?

Ces dispositifs physiques renforcent le fait d’être à l’écoute des habitants et de les impliquer dans la vie de la ville. Cela les encourage à réfléchir au sujet de nos politiques et de les solliciter sur les choix que nous pouvons faire avec eux, notamment à propos des actions sociales. Il faut que les décisions de la municipalité soient expliquées et comprises, c’est pour cela que nous les consultons au préalable. Enfin, cela permet aussi de prendre en compte les idées et les expertises de chacun dans le processus de décision.

Quels sont pour vous les limites de ces dispositifs ?

Les dispositifs physiques sont confrontés à des difficultés pour mobiliser certains habitants. Nous retrouvons par exemple souvent les mêmes citoyens lors des rencontres. Il nous faut donc mobiliser de nouveaux moyens pour toucher davantage d’habitants lorsque ceux-ci ne peuvent ou n’osent pas venir vers nous.

Quelles concertations numériques avez-vous déjà mené avec iD CITY ?

À ce jour, nous avons juste mené une concertation en interne afin de faire connaître l’outil aux élus et aux agents de la commune, au sujet du repas de fin d’année et des temps de convivialité. Un projet de concertation citoyenne via un volet numérique est à l’étude pour fin mars / début avril 2018.

Quels sont selon vous les avantages d’utiliser une plateforme numérique pour associer les citoyens ?

Je dirais que le principal avantage est que cela permet de toucher plus d’habitants et notamment ceux que nous avons moins l’habitude de voir. De plus, cela rend possible une plus grande diversification des modalités de contacts et de concertation. Enfin, cela permet aussi à chacun de donner son avis au moment où il est disponible.

Quels résultats et avantages obtenez-vous avec iD CITY en complémentarité des dispositifs physiques existants ?

Pour le moment, nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour mesurer l’impact du recours à une concertation numérique. Nous aurons un premier retour concret sur expérience après avoir lancé une première consultation via ce nouvel outil.

Sur quels prochains projets pensez-vous mener une concertation incluant un volet numérique ?

Parmi les projets en cours, non validés à ce jour, nous souhaitons récolter l’avis des habitants à propos de leur perception de la notion de citoyenneté. Nous allons également lancer une consultation numérique au sujet de la rénovation du centre-ville de Liffré au printemps 2018.

En quoi le recours à des concertations numériques peut-elle faire évoluer la manière de gérer les collectivités ?

Dans les dispositifs de gouvernance territoriale et avec l’appui d’outils web spécifiques et collaboratifs, les concertations numériques étendent, sans les remplacer, les capacités d’interaction avec les agents (en interne) et les citoyens (en externe). Elles peuvent aider à structurer le débat tout au long du processus de décision, ainsi qu’à garder le lien et permettre un accès à l’information sur l’état d’avancement des projets.

En quoi les concertations numériques peuvent-elles contribuer à renforcer le lien de proximité entre élus, agents et citoyens ?

Le recours à des concertations numériques peuvent contribuer à renforcer le lien de proximité entre élus, agents et citoyens car elles permettent d’intégrer les habitants aux orientations des politiques et des projets locaux qui leur sont destinés. Le lien de proximité est encouragé par l’interactivité et la quasi-instantanéité qu’offre ce type de consultation dématérialisée. Néanmoins, cela nécessite aussi de s’assurer de la bonne accessibilité à ces outils, parfois mise à mal par la fracture numérique.